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Pourquoi j’ai créé la Luxembourg Tattoo Convention — Rencontre avec Samuel Chopin

Bienvenue dans le Journal LTC. Ici, nous prendrons le temps de rencontrer celles et ceux qui font vivre le tatouage : artistes, professionnels et personnes qui participent à la convention. Pour ouvrir cette série, nous revenons au point de départ. Pourquoi la Luxembourg Tattoo Convention existe-t-elle ? Son fondateur, Samuel Chopin, nous raconte.

Avant de parler de la convention, qui es-tu ?

Je suis papa de trois petites filles et je suis infirmier. À côté de ça, il y a cette passion pour le tatouage et ce projet qui prend énormément de place dans ma vie : la LTC.

D’où t’est venue l’idée de créer la Luxembourg Tattoo Convention ?

J’étais déjà passionné de tatouage et j’avais quelques pièces, même si j’en ai beaucoup plus aujourd’hui. Ce sont des rencontres qui m’ont donné le déclic. Je voulais créer quelque chose qui mette vraiment en valeur le tatouage et les tatoueurs, où leur travail soit au centre de l’événement.

Aujourd’hui, Olivier Poinsignon, Arnaud Pradier et Gotik Collen m’épaulent et me conseillent pour la convention. J’écoute ce qu’ils ont à me dire pour l’améliorer. Très honnêtement, sans eux, elle n’en serait pas là aujourd’hui.

Pourquoi avoir choisi le Luxembourg ?

Je suis Luxembourgeois, donc c’était aussi un choix de cœur. Je voulais mettre ce pays en valeur et montrer qu’il a sa place parmi les conventions internationales de tatouage.

Le Luxembourg est au carrefour de la France, de la Belgique et de l’Allemagne. Il y a énormément d’artistes talentueux dans cette région, et le pays est aussi facile d’accès pour accueillir des tatoueurs venus de plus loin.

Qu’aimerais-tu que les visiteurs et les tatoueurs ressentent en entrant à la LTC ?

J’aimerais que le public découvre le niveau que nous essayons de construire, qu’il passe un bon moment et qu’il ressorte en disant : « Waouh, j’y suis allé, c’était génial ! » Les conférences apportent aussi une autre dimension : elles permettent de découvrir le métier et les personnes derrière les tatouages.

Pour les tatoueurs, je veux qu’ils sentent que ce que nous mettons en place est fait pour eux. Nous essayons d’élever le niveau de la convention, notamment en invitant des artistes dont j’admire le travail. Je veux que la LTC les mette en valeur et contribue à faire bouger les choses.

Qu’as-tu retenu de la première édition ?

Qu’il est essentiel de bien s’entourer. J’ai aussi appris que rien n’est parfait et qu’il faut savoir écouter les retours des tatoueurs et du public. Il y a eu des difficultés lors de la première édition. J’ai essayé de tenir compte des remarques pour préparer la suivante, notamment sur la façon de communiquer autour de l’événement. Tout ne sera pas encore parfait, mais nous y travaillons.

Parmi mes meilleurs souvenirs, il y a les conférences, les concours et les échanges avec certains tatoueurs à la fin de la convention, alors que nous commencions déjà à tout démonter. Leurs mots m’ont vraiment marqué.

Qu’aimerais-tu que le public comprenne mieux du tatouage ?

Que les tatoueurs sont des artistes, pas des photocopieuses Pinterest. Un client arrive avec une envie, bien sûr, mais il peut aussi laisser à l’artiste de la liberté pour créer une pièce qui lui ressemble.

J’aimerais également que les gens découvrent ce que représente le geste technique. Pendant cette deuxième édition, ils pourront essayer de tatouer sur peau de banane avec Banana Ink. Tenir une machine et tracer soi-même, même dans ces conditions, permet de voir à quel point cela demande de la maîtrise.

Et puis le prix d’un tatouage, ce n’est pas un chiffre sorti de nulle part. Il y a du temps, du savoir-faire, de la création et un professionnel qui doit pouvoir vivre de son travail. Chercher systématiquement le prix le plus bas ne garantit pas la qualité et n’aide pas forcément les artistes.

Qu’est-ce qui te donne envie de continuer ?

Les retours des tatoueurs et du public. Je vois que la période est compliquée pour beaucoup d’artistes, en France et ailleurs en Europe. À mon niveau, j’aimerais les aider, notamment en donnant au public des occasions de mieux comprendre leur métier.

Je crois aussi que les tatoueurs ont intérêt à s’entraider davantage. Pour faire reconnaître leur métier et avancer, ils gagneraient à se soutenir au lieu de se tirer dans les pattes.

Et ton rêve pour la LTC ?

J’aimerais qu’elle devienne un rendez-vous incontournable dans le monde du tatouage. Je n’ai pas la prétention de dire que cela arrivera, mais j’y mets énormément d’énergie et de temps, sans toujours toucher quoi que ce soit en retour.

Ce que j’aimerais vraiment, c’est qu’un jour, lorsqu’un artiste remporte un prix à la LTC, les gens se disent immédiatement : « Ah ouais, lui, il a un sacré niveau. »